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Intervention de Mireille GITTON L’avenir de la ligne 13 et des transports en Ile de France
CONSEIL MUNICIPAL EXTRAORDINAIRE GROUPE DES ELUS RADICAUX DE GAUCHE SAMEDI 2 DECEMBRE 2006
Intervention de Mireille GITTON L’avenir de la ligne 13 et des transports en Ile de France
Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs,
Nous sommes rassemblés ce 2 décembre 2006 pour évoquer une nouvelle fois, et espérons le pour la dernière fois, les conditions indignes et inadmissibles dans lesquelles sont transportés les Franciliens et en particulier ceux qui utilisent la ligne 13, dont le chiffre était sans doute prémonitoire.
Suite à des problèmes techniques, le logiciel présenté par ALCATEL ,dénommé OURAGAN, qui devait permettre une augmentation de 20 % du nombre de rames a été rejeté par la RATP.
Courant 2008, deux nouvelles stations de métro ouvriront à Gennevilliers. Aussi, face à l’urgence et à la situation catastrophique actuelle, la ligne 13, devrait être dotée de 10 % de rames supplémentaires d’ici la fin décembre.
116 % c’est le taux de remplissage des rames en heure de pointe (de 8h à 9h30 et de 17h45 à 19h30), soit 4 personnes par mètre carré. 600 000 voyageurs sont transportés chaque jour sur la ligne 13.
Il est nécessaire de préciser que cette demi-mesure sera assortie de demi-rotations, puisque seuls les voyageurs empruntant la ligne 13 de 6h30 à 8h et de 17h à 18h30 uniquement sur la branche de Gennevilliers bénéficieront de cette mesure parfaitement ridicule par rapport à l’immensité du problème.
Plusieurs solutions sont actuellement à l’étude pour désaturer la ligne 13 (prolongement de la ligne 14, dédoublement de la ligne 13, amener la ligne 4 à Saint Ouen, augmentation des rames). Nous ne pouvons qu’espérer une solution rapide d’autant que de nouveaux projets sont en cours d’élaboration tant au niveau de la ville de Paris que du Conseil Régional d’Ile de France.
Tout d’abord, soutenu par la Mairie de Paris et de nombreux Maires Franciliens, le projet métrophérique construit à 3,5 km autour de Paris, face à lui un autre projet intitulé « Arc Express » soutenu par le Président du Conseil Régional d’Ile de France utiliserait les voie ferrées dédiées au fret et desservirait les communes situées entre 10 et 15 km de Paris et désenclaverait les communes les plus éloignées de la première couronne.
Ces deux projets forts intéressants visent avant tout et cela a son importance, à éviter le passage systématique par Paris pour des trajets de banlieue à banlieue.
En ce qui concerne Clichy, qui rappelons -e, est une voie de transit incontournable pour nombre de francilien se rendant à Paris, le rêve d’un utopique boulevard urbain apparaît et disparaît au gré des humeurs des uns et des autres et l’on ne peut que regretter l’attitude du Ministre des Transports de l’époque, M. GAYSSOT, qui avait refusé la réalisation du projet souterrain intitulé « Muse ».
Ce projet aurait non seulement permis à Clichy de mieux respirer et de libérer sa voirie en surface, mais aussi de recevoir un droit de passage et une juteuse mane financière.
Aujourd’hui, le projet du boulevard urbain est toujours dans l’impasse et le conseil général de Seine Saint Denis s’oppose au financement de cette voie, d’autant qu’une grande partie de ce projet couvre le département de Seine Saint Denis et en particulier la ville de Saint Ouen pourtant sensiblement très proche des instances décisionnaires de ce département.
Le groupe des élus radicaux de gauche réaffirme qu’avant de savoir comment se déplacer, il faut faire le choix de « combien se déplacer ». Quels sont les effets d’un aller-retour au centre commercial de banlieue en voiture par rapport au même niveau de service rendu par les commerçants de proximité ? Quel impact aura sur l’effet de serre un étalement urbain fondé sur l’habitat individuel à l’Américaine, quand nous devrons prendre la voiture pour chaque besoin de déplacement : école, travail, commerce, culture, sport, loisir … ?
Nous devons faire le choix d’un aménagement du territoire minimisant les besoins, cela implique une certaine densité, maîtrise à proximité des infrastructures de transports et un équilibre entre les différents équipements : tout aménagement de quartier, toute ville nouvelle devrait se concevoir comme une occasion de compenser les lacunes actuelles.
Ces contraintes doivent être inscrites dans le droit de l’urbanisme et s’imposer dans les schémas d’aménagement, aux niveaux Régional, Départemental et Communal. Les questions relatives aux transports et à l’environnement sont au cœur des préoccupations de nos concitoyens. Toutefois, il est dommage que des sujets aussi importants aient fait l’objet de si peu de concertation avec les populations concernées.
Le tracé du métro de cette très fameuse ligne 13 a coupé Clichy en deux et la rue Martre est une balafre sur le visage de notre commune, c’est pourquoi le groupe des élus radicaux de gauche reste fermement opposé à l’installation de couloirs de bus et de pistes cyclables que ce soit sur le boulevard Victor Hugo ou sur le boulevard Jean Jaurès.
Nous sommes d’ailleurs très largement soutenus par les habitants et plus particulièrement par les commerçants qui seraient les premiers à subir un très sévère contrecoup économique si par malheur ces projets d’aménagement étaient menés à terme.
Le boulevard Magenta ou le boulevard Saint Marcel à Paris sont les preuves flagrantes des conséquences particulièrement négatives que peut entraîner l’application systématique de l’idéologie anti-voitures face aux réalités de la vie urbaine.
Les automobilistes et cyclomotoristes citoyens n’ont pas à subir les effets de certaines idéologies. Le retard accumulé en matière de transports en commun en région Parisienne est phénoménal et je ne parle même pas des liaisons de banlieue à banlieue qui sont quasiment inexistantes.
Les Franciliens ne sont pas plus idiots que les autres et si demain ils pouvaient disposer de transports en commun réguliers, propres et sécurisés, ils utiliseraient beaucoup moins leur voiture dont le coût de fonctionnement, entre essence, assurance et frais divers, est une source inépuisable de taxes diverses perçues pour l’état racketteur.
Bien évident encore, faut-il que les automobilistes devenus piétons puissent avoir des parkings nécessaires à disposition et à proximité immédiate des transports en commun, mais cela est encore une autre histoire que nous aurons l’occasion de développer ultérieurement.
Pour conclure mon propos, il est évident que les problématiques de circulation et de stationnement, tout comme les problèmes de pollution, ne peuvent se résoudre au niveau strictement local et que des propositions viables et respectant les particularités de chaque commune doivent être développées au niveau départemental et régional.
Je précise aux responsables de l’opposition de la droite locale qui depuis quelque temps annoncent des contre-vérités ou des mensonges par méconnaissance du dossier sur le futur conservatoire de danse, de musique et d’art dramatique de Clichy qui se trouve à quelques dizaines de mètres de nous, que cet établissement accueillera non pas 1000 élèves mais plus de 1300 élèves, sans compter professeurs et parents.
C’est volontairement, compte tenu du rayonnement du conservatoire municipal de Clichy qui accueille des élèves de tout le département des Hauts de Seine, que nous avons souhaité avec mon collègue Patrick VIE, Maire Adjoint délégué aux travaux, que cet établissement soit situé en centre ville et à proximité de la station de métro Mairie de Clichy afin de faciliter le déplacement des élèves et de leurs enseignants ; ainsi ils peuvent disposer d’un établissement de très haute qualité offrant toutes les facilités d’accès.
Ce souci d’excellence confirme que ce n’est pas un hasard si la culture Clichoise est au top de l’action municipale.
Merci.
