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SITUATION des ENFANTS en ARGENTINE

1er décembre 2006 | Admin

I - Données concernant l’ARGENTINE en général :

Dans les années 1990 l’Amérique Latine était déjà la région du monde où il existait le plus grand écart des ressources entre les plus riches et les plus pauvres.

L’argentine est le pays où l’augmentation du pourcentage des pauvres sur la population totale a été plus importante que dans le reste des pays d’Amérique Latine.

Dans les années 70, 5% de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté. Dans les années 80, ce pourcentage est passé à 12% et à partir de 1998, il est arrivé à plus de 30%.

En cette année 2002, alors que l’Argentine compte 37 millions d’habitants, 51%, soit 19 millions d’habitants, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Il y a à peine un an, ces nouveaux pauvres faisaient partis de la classe moyenne.

Comme partout dans le monde, le capital financier en Argentine, cherche à assurer des nouveaux espaces pour accumuler plus d’argent. Pour la santé, il soumet la politique de santé publique aux besoins du marché. De ce fait, le citoyen, sujet de droit à la santé devient un consommateur/client ayant accès à la santé seulement comme une marchandise et selon ses ressources.

En Argentine, ce processus a commencé il y a plus de 10 ans, produisant des changements qui portent atteinte à la santé tant dans la médecine exercée dans le privé que dans le public.

Le manque de protection de la santé publique touche particulièrement les enfants : 45% des moins de 4 ans et 41% entre 4 et 5 ans n’ont pas accès à cette protection quand les parents sont au chômage. Cette situation est aggravée quand il s’agit des maladies chroniques qui demandent des recherches et des soins avec utilisation de hautes technologies très coûteuses. Cela va de paire avec une politique de réduction du budget pour la santé et le démantèlement des hôpitaux publics.

II - Données concernant les mineurs (enfants et adolescents) :

La situation de la santé des enfants en Argentine est étroitement liée aux inégalités sociales qui se sont aggravées dans les 26 dernières années. 66% des moins de 18 ans sont pauvres. L’Argentine est un pays où la majorité de pauvres sont des enfants.

Cette année MÉDECIN DU MONDE-ARGENTINE dénonce, dans son article :"Les conséquences de la crise sur le système sanitaire argentin" que 100 enfants meurent de faim chaque jour en Argentine. La mortalité enfantine dans le pays arrive à 16%.

La question des enfants qui revient le plus fréquemment dans les écoles est : "Maîtresse, à quelle heure mangeons-nous ?"

Un recensement effectué par le Centre d’Etudes sur la nutrition enfantine (O.N.G. de l’O.M.S), signale qu’en 2001 la dénutrition touche entre 11%% et 17% des enfants. Suite à la dernière crise, la dénutrition enfantine s’élève à 20%.

A LA MATANZA (ville de la province de BUENOS-AIRES) :
- Un enfant sur quatre naît avec des problèmes de dénutrition.
- Le même problème est constatés sur 26% des enfants nés dans les hôpitaux publics.

Pourcentages dont les besoins élémentaire des mineurs ne sont pas satisfaits :
- 38% pour les moins d’un an.
- 32% pour les moins de 12 ans.
- 24% pour les adolescents entre 14 et 18 ans.

Concernant le travail des enfants : L’entrée dans le monde du travail se fait de plus en plus tôt : 20 000 enfants entre 10 et 14 ans (U.N.I.C.E.F. 2000). Il est tout à fait probable que la situation se soit aggravée avec la dernière crise. A la MATANZA, 6,6% des enfants travaillent. Ce pourcentage concerne les enfants scolarisé ou pas. Il faut souligner que la ville de la MATANZA (où il y a une concentration de 3,5% de la population) reflète la réalité de l’Argentine toute entière du point de vue socio-économique. De ce fait, ces chiffres doivent être considérés comme valables pour le reste du pays.

En ce qui concerne la mortalité enfantine des moins de 5 ans, l’Argentine est loin devant les pays développés. Pour la période 1990-1999, le taux de mortalité enfantine est plus important pour les moins d’un an qui naissent dans les quartiers sud de la capitale (les plus pauvres) que pour ceux qui naissent dans les quartiers nord (plus riches).

Mais un autre phénomène inquiétant est apparu : le rythme de la baisse de la mortalité s’est largement ralenti. En effet entre 1960 et 1999, il était largement inférieur aux autres pays latino-américains. Or pour l’année 2000, il n’y a presque pas eu de baisse de mortalité pour les enfants de moins de cinq ans.

En ce qui concerne la capitale Buenos-Aires, la baisse a été beaucoup moins forte dans les quartiers sud et ceci à partir de 1995. Ce qui montre que ce phénomène confirme le lien qui existe entre l’aggravation de la situation de santé enfantine et l’inégalité dans la distribution des ressources.

Un pourcentage important d’enfants présente des perturbations psychiques graves avec des maltraitances, de l’exclusion, de la violence. Ces phénomènes se sont aggravés avec la pauvreté. En 1999, 26 000 enfants et adolescents étaient placés dans des institutions publiques ou privées, 24 000 enfants étaient en errance, et 6 000 vivaient dans la rue avec des liens familiaux fragiles ou inexistants.

A TUCUMAN (province située au nord)

Pour ce qui concerne la mortalité enfantine, on constate les chiffres suivants :
- 40 enfants sur 1000 meurent dans les régions les plus pauvres de la province.
- 23 enfants sur 1000 meurent dans les régions un peu moins pauvres de la province

A JUJUY (province à la frontière avec la BOLIVIE)

L’hôpital public de la ville de JUJUY (capitale de la province) reçoit plus de 700 enfants par jour présentant un état avancé de dénutrition.

Tous ces chiffres sont cités par le journal LE MONDE du 21.10.2002 (source : l’Institut de Statistique du Département de l’Indre).

Le Bureau

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